Aujourd'hui, je me sens plus femme qu'hier, et probablement que demain. Grâce à la journée de la femme, l'inégalité des sexes est confirmée, car quand on dédie une journée à une cause X, c'est bien qu'on n'y pense pas assez souvent. La cause de la femme existe bel et bien. Égayons notre c½ur d'inférieures, car nous jouissons d'un privilège exclusif, et ce, une fois par an !
A quand la fête de l'handicapé ? De l'orphelin ? De mon chien ?
Comme ce débat me gonfle et que mes propos ont été mal interprêtés, je vais développer mon opinion. Je peux comprendre que l'intention première dans la journée de la femme est une sorte d'hommage qu'on lui fait, et qu'en effet, souligner un jour dans le calendrier est lui donner une importance "spéciale". Sauf que selon moi, créer une journée en hommage à la femme est souligner (même involontairement) dans le même temps qu'il y a des choses à revoir concernant la place de la femme dans les esprits et par conséquent au sein de la société. Comme une sorte de rappel "ben oui... on n'est pas égaux en droits alors..." Cela dit, je ne crie pas au sexisme, pas comme si je croisais des machos tous les jours, et ne me sens pas inférieure dans la vie quotidienne. J'évoquais, entre autres, le milieu du travail où les femmes occupent des postes moins importants, où leurs salaires ne sont pas égaux à ceux des hommes. Autre exemple, à la télé dans certains clips où elles sont carrément montrées comme des potiches sans cervelles et heureuses de l'être. Et là je dis que c'est surement le cas puisqu'une femme qui a de la dignité ne s'expose pas ainsi en tant qu'objet. Il faut aussi prendre en compte le fait que ce qui nous sépare de la condition de l'homme vient également de ce que nous montrons, car oui, l'aspect extérieur d'une personne, notamment l'attitude qu'elle montre joue sur la façon dont elle est considérée. Au niveau de l'avortement (possibilité que je ne souhaite surtout pas à avoir à envisager, comme peu de femmes d'ailleurs), qui est à la fois un privilège et un sacrifice, les femmes sont parfois vues comme des monstres, des chiennes. Alors, à une époque où les moyens de contraceptions sont nombreux, il y a effectivement responsabilité (et en l'occurence, irresponsabilité) de la femme en cas "d'accident", mais je doute que ce soit une décision facile à prendre. Je pense que l'homme à une part à assumer dans un avortement.
J'aurais aimé que Lianodel comprenne le ton ironique que j'ai utilisé quand je parle de "coeur d'inférieure", car si je ne me sens pas inférieure, je n'ai pas besoin d'une journée pour me conforter dans l'opinion que j'ai de moi. Enfin, il n'est pas question d'homme inférieur non plus, on sait tous qu'ils savent étaler leur connerie au grand jour d'une manière parfois alarmante, comme les femmes savent être de vraies saloperies. Il y a un retard qui se ratrappe depuis la génération de nos grands-parents, et que malgré les gros progrès qui ont été faits, il reste encore à faire, et ce n'est pas une solution que d'instaurer une journée de la femme. Tu dis que les femmes n'apprécieraient surement pas qu'on annule cette journée, et je suis d'accord, pour qu'une journée baptisée ainsi soit tolérée, l'intention doit forcément être bonne.
Quand à la fête des pères/mères/grands-mères/Valentins et autres niaiseries, je trouve ça carrément lamentable, comme si on devait prouver notre amour un jour par an, si il faut montrer qu'on aime quelqu'un, c'est LE jour pour le faire. Pas interêt à louper le coche alors... Je fête ma famille parce que traditionnellement on marque le coup (sans fioritures) et je comprends que l'intention les touche. J'espère que vous comprenez mieux mon point de vue.